

Il fait nuit, c’est l’été.
Là-bas, au loin, le chapiteau blanc et rouge a revêtu la teinte chaude de ses guirlandes. Comme une fourmilière de cigales, le public s'affaire depuis le bar jusqu’au devant du concert. Dans ce courant sans direction, il y en a qui sortent prendre un bol d’air, qui cherchent une galette ou qui inspectent curieux·es le décor que nous leur avons dressé.
Toustes, occasionnellement, repassent en mémoire un instant du spectacle, partageant leurs avis à qui veut l’entendre et baignant dans la brume d’une félicité commune. Nous, l’équipe, au hasard de la régie, du catering ou d’un souffle, on se croise. Dans nos regards qui se rencontrent, quand s’échangent des mots de travail, se lit une satisfaction complice. Repu·es que nous sommes de notre fatigue et de ce qu’elle a libéré de bonheur.
C’est à cela que l’on songe depuis la naissance de la compagnie. Et chaque fois que l’on revit cette scène, que le public soit trois ou un millier, gaiement on se rappelle “c’est sûrement pas la première fois que quelqu’un fait ce rêve, mais surtout, surtout, c’est pas la dernière.”






